OBSÈQUES

Obsèques
Pompe … Funeste !
C’est à peu près certain, toutes les cultures de la terre vouent un respect particulier aux morts et aux modalités de leur accompagnement à leur dernière demeure. Point de doute, il n’y a aucune indignité à conduire dans la dignité, ceux qui nous quittent pour l’au-delà. Simplement, ici, comme ailleurs, tout est dans la mesure. Oui la mesure qui semble avoir foutu le camp dans notre société.
Il est là, désormais presque incontournable, nous tenant fermement en tenaille, le «cry die business ». L’économie du deuil est reine. C’est l’invariant quasi principal de la quasi-totalité de nos cérémonies d’obsèques. Aucune strate de la société n’y échappe plus. Aucune région de chez nous ne fait l’économie du passage à la morgue la huppée, de la visite à la pompe funèbre la plus sophistiquée offrant les services les plus diversifiés.
C’est tout le monde qui a recours au sérigraphe dernier cri, utilisant la toute récente technologie pour l’impression des banderoles, des tee-shirts et d’autres gadgets de préférence « androïdes ». Même la confection des fameux programmes est passée à une autre phase depuis quelques temps. On est à l’ère des programmes bouquins, non pardon ! Encyclopédies, qui retracent la vie, l’œuvre, les parcours scolaire et académique (toujours fiables ?) du disparu, ce qu’il envisageait de réaliser et tout ce qu’il réalisera encore par sa nombreuse progéniture.
Les body gardes qui encadrent le corbillard et transportent le cercueil autant que les pleureuses, tous recrutés à prix d’or sont de 2ème, peut-être même de 3ème génération. Tout est aujourd’hui fric dans nos deuils. Tenez ! Le prélat catholique de regretté mémoire, lui-même, soutenait déjà, il y a quelques années, qu’on ne pouvait voir le ciel sans argent. Nous y sommes presque. Seul souci, le décalage de plus en plus marqué entre la cargaison d’achats et paiements autour des obsèques et la pincée de larmes qui baignent les morts. Juste ce qu’il faut de filet de larmes derrière de grosses lunettes noires griffées. Et puis dans ces toilettes somptueuses, il est contre- indiqué de se tordre exagérément de douleur. Question d’image…
S’il n’y avait pas nos amis musulmans pour sauver la face de la pudeur, on dirait à tous : « Arrêtez cette pompe funeste ! »
Hélène Bana

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *