CAMEROUN/ARCHIVAGE

Toujours à la recherche de repères

S’il est des métiers qui sont dans une impasse quelconque au Cameroun, l’archivage en fait incontestablement partie. Les professionnels de ce corps de métier ont beaucoup de mal à s’imposer dans les administrations et autres entreprises.

Pourtant, la conservation des archives est d’une importance capitale dans un pays.

L’incendie, il y a environ deux ans, de l’Assemblée nationale a remis au goût du jour la fébrilité de la mémoire camerounaise. Les informations provenant des archives nationales sont de plus en plus alarmantes. Depuis au moins deux décennies, aucun versement de documents n’y a été effectué. Pourtant dès le premier article de la loi de 2000, il est question de favoriser « la conservation organisée et minutieuses du patrimoine culturel national que constituent les archives ». L’article 5 de ladite loi est on ne peut plus, claire sur le régime des archives. Elles « font partie du patrimoine culturel national ».

Pourtant, pas grand-chose ne laisse voire une quelque volonté de leur conférer pleinement ce statut. En dehors de quelques indications sur leurs régimes, des conditions d’accès et de consultation édictées de manière lacunaire rien d’autres. Les Archives nationales, certes rénovées il y a quelques années, tardent à jouir de la plénitude du rôle qui leur incombe. Pas de véritable politique nationale de valorisation des archives.

Conséquence, la structure en charge de de celles-ci confinée dans de petites bâtisses coloniales ;  les structures publiques continuent d’empiler leurs documents dans des sous-sols mal aérés et mal éclairés, parfois à la merci des intempéries. A ce jour le pays ne dispose pas par exemple d’un calendrier de conservation et d’élimination, dont les professionnels peuvent se servir dans leurs administrations utilisatrices. En tout cas, on conserve et on se débarrasse des archives, autant que faire se peut. Elles sont même parfois abandonnées entre les mains de néophytes. Pathétique tout de même, quand on sait qu’elles constituent le poumon même de la nation.

 Et la conscience nationale de leur importance dans tout ça ?

A la vérité, tout semble mis en œuvre pour que les archives ne sortent jamais du bois. La preuve, la législation y relative reste insignifiante, voire tatillonne. Même les écoles formant aux métiers d’archivistes ne courent pas les rues au Cameroun et la plupart des professionnels ont tôt fait de se reconvertir, faute de considération de leur métiers. Un chapelet d’incertitudes à n’en point finir, qui contribue à garder un regard méprisant de la société vis-à-vis des archives.

H.B, Vision Web

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