Secteur informel Les carrefours à la solde des étalages

Tous les soirs, lorsqu’il est 18h, la ville aux sept collines arbore une nouvelle facette. La vente des chaussures, babouches de toutes natures, des parfums, des sacs, des vêtements, pour enfants, hommes, femmes. Les marques étrangères règnent sur les étalages de bois sans esthétiques des commerçants les plus prospères. Même si le sol assure ce rôle dans la plupart des carrefours. Les investisseurs sont des étudiants, des sans diplômes, des associations, des Gic. Les chiffres d’affaires vont de 25.000 Fcfa à plusieurs millions. La question « que faites-vous là ? » a une seule réponse : « on se cherche ». Junior F, étudiant en économie explique que, « le choix des carrefours relève de la stratégie commerciale des acteurs ». Stéphane M, jeune entrepreneur conteste. Pour lui, « les trottoirs de la capitale transformés tous les soirs en piètres comptoirs, c’est n’importe quoi ! ».

Beaucoup trouvent leur compte

Les concernés, voient les choses autrement. Paul, vendeur de lunettes au rond-point Express déclare, « j’ai observé ce rond-point et je n’ai vu qu’une seule chose : l’opportunitéLes carrefours, il n y a pas mieux en termes de stratégie. Des milliers de gens passent par là tous les soirs ».  Ses compares témoignent fièrement : « Ça marche bien, nous avons de gros profits. Quand c’est dur on met la calle. Ne sommes-nous pas meilleurs que ceux qui détournent les fonds dans ce pays ?». Une telle réflexion n’est que l’expression d’un manque de sérieux puisque, Ces opérateurs de l’économie informelle de la nuit reconnaissent être combattus par la communauté urbaine en journée. À ce sujet, Roland explique : « nous sommes ici la nuit, parce que la communauté urbaine nous chasse en journée ». Par ailleurs ils ne payent aucune taxe. « Oui tous les bénéfices vont dans nos poches » déclare l’un d’eux.

Les clients font preuve de dépendance et de satisfaction. Aurélien dit « on trouve notre compte dans les carrefours, les prix sont abordables ». La classe moyenne et celles en dessous forment l’essentiel de la clientèle. La nuit sort les débrouillards de l’ombre du show business. Elle fait prospérer l’économie informelle, conforte la lutte contre le chômage, promeut l’économie de consommation qui n’est pas toujours la bienvenue.

H.B, Vision Web

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