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L’incivisme des citoyens L’ignorance à la base au Cameroun

L’incivisme des citoyens L’ignorance à la base au Cameroun

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Il y a quelques décennies, l’enseignement de l’instruction civique faisait partie intégrante des programmes scolaires, tout comme les cours de morale qui constituait le tout premier enseignement de la journée de classe. Au fil des temps, les choses ont changé. Ces enseignements considérés comme désuets ont été rangés au placard pour céder la place aux nouvelles technologies et leurs corolaires de réseaux sociaux avec tout ce que cela comporte comme déviances. Et même ce qui est fait pour rattraper ne parvient pas à résoudre le problème.

« Tout petit, je savais déjà que personne n’a le droit de marcher pendant qu’on est entrain d’exécuter l’hymne nationale. Même au milieu de la route, on devait plus faire un pas, de peur d’être puni. Car il est question ici d’honorer le pays et de confesser notre appartenance et notre amour pour cet État,» a déclaré Mme Onana, sexagénaire à la retraite. De nos jours, rares sont ceux qui connaissent qu’une telle mesure existe. Peut-être que les hommes des rangs eux le savent. Mais pour les civils, ce n’est pas la chose la mieux partagée.

Pour revenir à la morale, tout y était inclus du bien-être au vivre ensemble tant en verve ces derniers temps. Il était de notoriété publique que les voisins devaient se dire « bonjour » le matin au réveil. Puisque c’était enseigné dès la prématernelle. De nos jours, ces valeurs n’ont plus d’importance, d’où l’incivisme tant décrié par les pouvoirs publics. La bienséance n’est l’apanage que des lâches. « Bonjour, merci, à bientôt, je vous en prie, s’il vous plaît, pardon… » ne se disent de nos jours qu’avec une telle arrogance, que ces mots et expressions ont déjà perdus leurs valeurs initiales.

A longueur de journée, des concitoyens se lancent toutes sortes d’injures au volant de leurs véhicules. Du chauffeur aux passagers à bord, les déchets sont balancés sur la route au passage. Malgré les plaques d’interdictions plantées çà et là, les gens se mettent à l’aise sans sourciller et peu importe l’endroit. Le code de la route est presqu’inexistant pour certains conducteurs.

Conséquences de tous ces dysfonctionnements, les villes du pays ont l’apparence de vastes jungles fonctionnant sans lois, ni règles. Garages qui débordent sur l’emprise publique, réceptions et fêtes familiales entraînant le barrage de la voie publique, nuisances sonores occasionnées par des discothèques, tapage nocturne orchestré par des voisins indélicats, insalubrité, habitat dans les zones impropres aux constructions … Le répertoire des Camerounais en matière de désordre urbain est bien vaste. Pourtant, des textes régissant la vie et les activités dans les villes du pays existent. Mais, ils sont régulièrement foulés au pied par une population ignorante ou de mauvaise foi.

H.B, Vision Web