Liberté de la presse : Le Cameroun en débat

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La  Journée  mondiale de la liberté de la presse s’est célébrée vendredi dernier. Le Cameroun, comme à l’accoutumée, y a pris part.  Entre conférences et tables-rondes, on cherche la voie.

C’est  le classement – pays sur le plan  de la liberté de la presse qui a le plus focalisé l’attention des débatteurs et autres experts. Le Cameroun, selon le ranking de Reporters sans  Frontières occupe la si peu honorable 131ème place sur 180 pays classés. 

Mimi Mefo, Equinoxe

Passé le tollé et la surprise qu’a suscité le classement de L’ong  internationale, l’heure est passé aux débats sur les questions autour de la liberté de la presse au Cameroun. Pour certains, de moins en moins nombreux,  le Cameroun est  à sa place. Ils ont, pour se faire, voulu évoquer les affaires Mimi Mefo, cette journaliste de la chaîne de télévision Equinoxe embastillée il  y a quelques mois puis libérée après diffusion d’une information controversée. Certains ont rappelé les deux journalistes du quotidien LE JOUR gardés à vue après les marches du parti politique Mrc (Mouvement pour la Renaissance du  Cameroun) fin Janvier dernier puis  également relaxés. Presque tous les sceptiques se sont attardés sur les pesanteurs structurelles plombant la liberté de la presse. Ce sont par  exemple, aux  dires de Armand Okol, journaliste,  le tiers des  dispositions de la loi Kontchou de 1990  demeurées répressives donc liberticides pour la presse.

Pour les tenants, des avancées de la liberté de la presse au Cameroun par contre, rien qu’au nombre des titres qu’exposent les kiosques chaque jour, à la foultitude des chaînes de radio et de télévision, à la montée des organes cybernétiques, le classement de Reporters sans Frontières tient à peine la route. Pour le Prof. Daniel Anicet Noah, icône du journalisme, passé dans l’enseignement, l’ong ne fait pas moins que dans « le militantisme ».  Son collègue Laurent Charles Boyomo Assala, directeur de Esstic ( Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication),  renchérit, parlant  « d’excès de liberté, plutôt que de  manque de liberté » pour la presse au Cameroun. Tous les deux éminents spécialistes en appellent davantage aux professionnels pour qu’ils développent l’éthique et s’approprient mieux la déontologie de leur métier. Ils soutiennent en chœur que la liberté  dans la presse autant qu’ailleurs, ne va pas sans les devoirs.

Reprenant, une formule connue, Jean Pierre Amougou Belinga, magnat de presse au Cameroun et en Afrique, soutient que : « la liberté des journalistes s’achève  là où commence celle des autres », argumentant par des cas précis et récents en Europe et aux Etats-Unis. Julian Assange, fondateur de Wickileaks extrait manu militari par les Anglais de l’ambassade équatorienne ou encore des journalistes bannis de la Maison Blanche  par le président Donald Trump.

C’est assez loin du Cameroun.

H.B, Vision Web

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