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L’adressage des villes au Cameroun : Sortir de l’embrouille et de la débrouille

Poste centrale, Yaoundé

C’est quasiment certain, et tout piéton ou automobiliste de la ville de Yaoundé, capitale politique du Cameroun y perdrait ses sens. Placer ou stationner au rond point dit de la poste centrale et se voir poser la question du nom de deux seulement des sept bras et bretelles qui partent de là. Ce sera un fiasco assuré pour presque tous. Et la raison ? Probablement la combinaison d’au moins deux déficits : celui de la visibilité relative des plaques et panneaux indicateurs et celui de la prise en compte brouillé de ces instruments dans le comportement des citoyens et usagers.

Le cas de cette place, en réalité dite Ahmadou Ahidjo, ironique presque personne n’utilise est suffisamment symptomatique. Il est ainsi révélateur de la désorientation des usagers dans les carrefours, boulevards et rues des grandes villes camerounaises.

Et que surgisse alors de la fertile imagination des populations de très rocambolesques appellations ne peut apparaître que comme la résultante de ces quelques manquements signalés. Avec toutes les conséquences qui découlent de l’équilibre psychologique et la solidité du lien historique et patriotique de ces populations. Les carrefours de la mort, les « carrefours caca », et autres « rond point tam zu » n’expriment à proprement parler que la santé relative de notre subconscient généralement de violence, de haine, parfois d’agressivité mal canalisées. Ces dénominations souvent désorientant pour les esprits pudiques renferment bien tous les relents d’une société qui adore contourner les repères qui durent. Pour se complaire dans la débrouille, la sauvette, et le Tout-informel. Comme les choses peuvent, en interagissant, les unes sur les autres, se tenir…

Qui arrêtera donc les flots embrouillés de cet adressage désordonnée et de génération spontanée? Comment installera-t-on dans les habitudes des gens d’indiquer et d’orienter par des noms institués et connus de tous. La réponse fuse. C’est l’incontournable État et ses différents démembrements.

Mairie Ydé II

Ici apparait comme essentiel le rôle de la commune. Comme cela se fait sous de nombreuses latitudes. Reste à voir si de toutes les compétences qu’on dit transférées à ces collectivités décentralisées apparait celle de pouvoir baptiser ou débaptiser une ruelle ou une impasse. Quoi de plus banal ! Quoi de plus susceptible de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations !

En attendant que les autres modalités se mettent, même progressivement en place. Ce bout de budgets conséquents et des outils tels les plans et autres. A côté de L’État, l’adressage pourrait tout aussi bien inscrire dans les cahiers de charges de certaines associations d’experts ou non. Avec l’avantage que celles-ci faciliteraient mieux  l’immersion des populations dans les villes et localités relookées. Et comment oublier dans ce processus les influents milieux d’affaires ?  Porteurs de chèques et bénéficiaires d’espaces mieux adressés, les hommes d’affaires ne dédaigneront pas de se jeter à l’eau de l’adressage. Le bon vieux et précieux partenariat public-privé tiendrait bien sa place ici aussi. 

H.B, Vision Web

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