Ingérence de l’UE au Cameroun

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« MES CHERS collègues, c’est ma dernière intervention dans ce parlement. Je la fais pour un pays qui m’est très cher que j’ai sillonné plusieurs fois et dont je suis un peu le fils. Le Cameroun est une mosaïque ethnique, linguistique culturelle et religieuse très fragile ». C’est par ce propos que le député européen du Front national en France a choisi de percer l’abcès. Jean Luc Schaffhausen en parfait maitre du Cameroun a tenu à éclairer la lanterne de ses collègues sur les risques qui pourraient survenir en cas d’intervention dans ce pays mosaïque. Et dont les composantes en font la particularité.

Évoquant la gestion du pouvoir et la situation socio politique de Yaoundé, le député originaire de la ville de Strasbourg en France, s’est voulu l’avocat de la cause du président de la république SE Paul Biya. Selon l’élu, « Paul Biya est sans doute allé trop loin dans le processus de centralisation du pouvoir ; Alimentant ainsi le ressentiment des populations anglophones de l’Ouest et le séparatisme musulman du Nord. Mais ce séparatisme est alimenté et instrumentalisé par les puissances extérieures.» C’est donc clair la situation au Cameroun n’est pas la faute du régime de Yaoundé. Mais plutôt des forces étrangères tapies dans l’ombre et jalouses de la stabilité des institutions ainsi que de la paix qui règne ici.

Cette position de l’élu se trouve d’autant plus renforcée que dans une interview à l’agence russe d’information, Etchu Tabenyang l’un des leaders du mouvement séparatiste révèle qu’un gouvernement intérimaire a été formé au lendemain de l’arrestation de Sissiku Ayuk Tabe au Nigéria. « Ce gouvernement, qui a le soutien des États-Unis depuis que le président Paul Biya nous a déclaré la guerre en novembre 2017, a été unanimement reconnu et accepté par le peuple d’Ambazonie comme son gouvernement en attente ». La position de ce sécessionniste se trouve d’autant plus confortée qu’il y a quelques jours, le Sous-secrétaire d’Etat américain Tibor Nagy promettait officiellement de « s’occuper du cas du Cameroun » après la chute du leader soudanais Omar El Bechir.

Tout en saluant l’exemple Cameroun au point de vue de la stabilité des institutions et la sauvegarde de l’unité nationale, Jean Luc Schaffhausen donne d’ailleurs des pistes de solution bien meilleure qu’une ingérence dans les affaires internes d’un état : « Paul Biya occupe le pouvoir depuis 37 ans. Toutefois chers amis, c’est 37 ans de stabilité quand je regarde les autres pays le Cameroun fait bonne figure. Le Président camerounais sait sans doute qu’il ne peut monopoliser le pouvoir jusqu’à sa mort mais il est pris dans les logiques de pouvoir et de succession. Il sait que dans l’intérêt de son pays, un processus démocratique et de décentralisation combiné à un processus de sécurité développement est incontournable. Il faut donc l’y aider ».

Une vue qui aujourd’hui épouse parfaitement la dernière sortie médiatique des autorités camerounaises par les voix de son Président du Sénat et Ministre de la territoriale.

M.O, Vision Web

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