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Édifices publics : Le drapeau national en péril

Édifices publics : Le drapeau national en péril

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Immeuble Emergence, face Poste centrale, ce 14 mars 2017. Sur des mâts alignés à son perron, flottent « fièrement » au vent, cinq étoffes aux couleurs difficilement identifiables. Enfin…Une observation attentive permet au passant en attente d’un taxi, de faire des rapprochements de couleurs. Il semble qu’il s’agisse du vert, du rouge, du jaune. Il semble surtout qu’il y a un semblant de jaune sur l’étoile posée sur le rouge. Tout compte fait, il s’agit peut-être du drapeau du Cameroun. Depuis combien de temps flottent ces étoffes? Même celui qui les a hissées ne se souvient plus de la date. Visiblement, les intempéries ont eu raison de la fierté de notre drapeau ici, symbole de la présence des services publics. Plusieurs ministères en effet dont celui des travaux publics ou celui de l’urbanisme, y ont leur bureau. Mais lequel devrait porter la responsabilité de cette méprise? Question à un sou. Et puis même, ministère de l’agriculture, MINFI ou encore le Musée national n’ont-ils pas hissé les leurs sur les toits ? Là où personne ne serait fichu de monter chaque fin de journée pour la descente des couleurs ?

Des clichés comme ceux-ci, on en compterait à la pelle. En effet, la quasi-totalité des édifices publics a jeté aux oubliettes, les symboles de la Nation. La preuve, soleil et pluie discutent la vedette sur cet emblème au quotidien. Pas le temps de se rendre compte que le drapeau se mouille dehors. On est occupé à se remplir les poches. Le nationalisme peut attendre. Et après on s’étonne de ce que les badauds aient choisi de marcher sur notre drapeau et de le mettre à feu lors des récents évènements de Bamenda et Buea.

Et pourtant… Des sanctions existent et peuvent être appliquées à ceux qui font outrage aux emblèmes de la république. L’article 2 du projet d’emblème n°3/A dispose en effet que : « L’outrage ou l’injure envers le drapeau du Cameroun, sous quelques formes qu’ils aient été accomplis, qu’ils aient été faits verbalement, par écrit ou par quelque geste que ce soit, seront punis d’un emprisonnement d’un à trois mois et d’une amende de 5000 à 25000FCFA ». Autrement dit, le laisser sous la pluie pour perdre sa couleur et son éclat pourrait être puni. Dieu seul sait combien de camerounais tombent sous le coup de cette disposition au quotidien. Qui ne se souvient pas en effet de la bourde d’un groupe de comédiens sur un plateau de télé où, par ignorance certainement, une actrice avait utilisé le drapeau pour nettoyer les chaussures de son mentor ? Et dire qu’elle n’était pas si éloignée de l’attitude de l’ensemble du corps social camerounais et notamment les dirigeants des services publics.

« Drapeau, hymne national et puis quoi encore ? C’est ça que je mange?… », Peut-on malheureusement entendre dire ça et là. Hélas !

H.B, Vision Web