Affichage anarchique: Peu importe l’endroit

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Tous les moyens sont bons, pourvu que l’information passe. C’est sûrement ce que se disent les communicateurs d’un autre genre qui se livrent à l’affichage anarchique dans nos villes et cités.

Édifices publics ou privés, poteaux électriques, bacs à ordures, maisons d’habitations, ils passent au peigne fin tout espace susceptible de pouvoir contenir ce qui doit être affiché. Pas besoin d’avoir les informations sur les modalités d’affichage dans l’État de Droit qu’est le Cameroun.

Les affichettes et autres flyers de tout genre se retrouvent même dans les coins les plus inattendus. Seules les grandes affiches sortent un peu du lot ; ce qui reste aussi à vérifier. Car, on retrouve parfois des bouts de papiers collés sur des panneaux réservés à cet affichage. Personne, mais alors aucun afficheur ne se soucie de la législation. C’est une idée qui n’effleure même pas les esprits. Comme des moutons de Panurge, tous se lancent à l’ouvrage ; celui de la communication par l’affichage sans sourciller.

 « L’essentiel est que les gens puissent lire ce que j’ai affiché, peu importe où je l’ai fait. D’ailleurs même en allant vider la poubelle, ça peut attirer l’attention de quelqu’un. Et ça n’a jamais créé de problèmes à qui que ce soit », a déclaré un jeune commercial d’une société de la ville de Yaoundé.

A longueur de journée, il écume la ville en collant, où bon lui semble, des flyers que le service marketing et commercial de l’entreprise qui l’emploie a imprimé pour présenter un nouveau produit. Et il semble suivre à la lettre La Fontaine dans son : « laboureur et ses enfants » ; « …Ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse ». Car à certains endroits, il en colle tellement qu’on a de la peine à distinguer de quoi il est question. Si celui qui est supposé être professionnel le fait ainsi, imaginons un instant le commun des mortels.

Des chiots à vendre, un studio à louer, un blanchisseur de fortune dans le quartier, tout est objet d’affichage. Les avis de recrutement y apparaissent souvent. Blagues ou fanfaronnades ? Seuls les concepteurs de telles choses peuvent y apporter une réponse plausible. Il est clair qu’il se pose en filigrane, le problème de mentalités. Les Camerounais ont parfois du mal à s’arrimer à la norme. Mais, lorsque les sanctions suivent, ils sont obligés d’obtempérer.  Par ce moyen, l’affichage anarchique pourrait disparaître dans nos cités. Si elle persiste donc, la conséquence immédiate, c’est l’insalubrité. Il n’est pas seulement question des ordures qui trainent par terre dans les cités. Cette autre forme de désordre un véritable problème  de la saleté. Et si les pouvoirs publics y jetaient un coup d’œil, dira-t-on encore : « Tout est bon à afficher et n’importe où, pourvu que le message passe ! » ?

H.B, Vision Web

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